Agriculture durable : les multinationales et les petits exploitants peuvent-ils avancer ensemble ?


Axelle Baudry
Lundi 14 Avril 2014

La multinationale Unilever a signé le mois dernier un accord avec le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA). Un partenariat public-privé visant à améliorer les conditions de vie des petits exploitants à travers le monde et à favoriser un commerce alimentaire viable.



(Wikimedia)
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Etabli pour cinq ans, cet accord mondial a été signé le 20 février 2014 à Rome, par le président du FIDA, Kanayo Nwanze et le Directeur général d’Unilever, Paul Polman. Il vise à concilier le savoir-faire du FIDA à travailler avec les petits agriculteurs et les entreprises rurales et la capacité d’Unilever à intégrer les agriculteurs dans les marchés et son expertise dans l’agriculture durable.

A long terme, ce partenariat devrait favoriser la sécurité alimentaire à travers : l’accroissement de la productivité agricole ; la mise en place de liens entre les agriculteurs et les marchés ; la réduction des risques et de la vulnérabilité ; l’amélioration de l’emploi non agricole en milieu rural et permettre à l’agriculture d’être plus durable.

Certaines associations ou institutions de développement comme le FIDA, la FAO ou encore Oxfam estiment en effet que l’amélioration des conditions des petits paysans passera d’abord par leur accès au marché. La contractualisation directe entre paysans et industries agroalimentaires serait ainsi l’un des moyens les plus sûrs d'y parvenir. C'est pourquoi le FIDA entend aujourd'hui aider Unilever à s'approvisionner directement auprès des petits producteurs.

« Le FIDA reconnaît que les bons investissements en agriculture sont essentiels pour la sécurité alimentaire d’une population en croissance. C'est pour cela que des partenariats comme celui que nous avons signé aujourd'hui avec Unilever sont primordiaux », indique Kanayo Nwanze. Selon la Banque mondiale, l'investissement en agriculture est de deux à quatre fois plus efficace que la croissance des autres secteurs pour augmenter les revenus des populations très pauvres.

Reste néanmoins à déterminer si cet arrangement est équitablement profitable aux entreprises et aux petits exploitants. En effet, si cette contractualisation garantit des débouchés aux producteurs, améliore-t-elle véritablement leurs conditions de travail et leurs revenus ? En outre, ne constitue-t-il pas pour l’industriel un accès facilité à la terre et à la main d’œuvre dans des pays parfois hostiles à l’installation d’entreprises étrangères ?




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