Alexandre de Juniac, un patron d'Air France terre-à-terre


Mardi 12 Novembre 2013

Le nouveau PDG d'Air France ne ressemble à aucun autre de ses pairs, à en croire sa forte implication dans l'exercice de ses fonctions. Avec une notion obsessionnelle de la perfection et un engouement poussé pour la qualité de ses produits, Alexandre de Juniac annonce la couleur au lendemain de sa nomination : il a l'œil à tout et ne s'émeut aucunement d'être considéré comme le nouveau patron terre-à-terre de la première compagnie aérienne tricolore.



Alexandre de Juniac
Alexandre de Juniac
Un patron au plus haut point du perfectionnisme

Depuis le 1er juillet 2013, Alexandre de Juniac succède à Jean-Cyril Spinetta aux rênes d'Air France-KLM. Cet ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, du temps où celle-ci occupait Bercy, se veut être un perfectionniste, sans cesse en quête d'une démarche ou d'une attitude supplémentaire pour faire la différence. Aux commandes du groupe franco-néerlandais, le néo-PDG tient ainsi trois « réunions produits » mensuelles : la première étudie l'activité de la compagnie au sol, la deuxième concerne les vols et la troisième porte sur les activités virtuelles via les plates formes internet et les applications mobiles. Ce sens poussé de la perfection, Alexandre de Juniac avoue simplement le tenir d'une sincère inspiration de Steve Jobs, défunt patron du groupe Apple, bien connu pour sa pugnacité exceptionnelle dans le travail et sa quête unique de la qualité.

D'énormes ambitions pour Air France-KLM

Chez Air France-KLM, une partie du quotidien n'a cependant rien à voir avec le développement de produits technologiques comme au sein de la marque américaine, selon le PDG. Alexandre de Juniac veut scruter le moindre détail : depuis les plateaux-repas servis par la compagnie au cours de ses vols aux services d'accueil des passagers au sol, en passant par le confort des sièges de ses appareils sans oublier l'efficacité de ses sites internet. La qualité produit est un défi parmi tant d'autres que le premier transporteur franco-néerlandais entend remporter pour atteindre ses principaux objectifs. Et parmi ces derniers, l'ambition de briguer le podium des meilleures compagnies aériennes de la planète reste accessible aux yeux de son PDG.

Un patron terre-à-terre au service de la qualité

Alexandre de Juniac dispose, déjà, d'une série d'anecdotes pour marquer cette nouvelle expérience. Il avoue ainsi expérimenter tout ce qui peut l'être lorsqu'il monte à bord de l'un des appareils du groupe. Les toilettes, par exemple, ou l'inclinaison ainsi que le confort des sièges, sont des détails qu'il ne manque pas d'inspecter. Sur un vol Paris-Amsterdam, il confie sa déception à la vue du poisson roulé servi en guise de dîner. Photo à l'appui, le patron se dit agacé par la déclinaison de ce met qu'il ne considère « pas bon » simplement de visu. Mais, tout autant que ces démarches pour la recherche de la qualité pour les produits qu'il propose, Alexandre de Juniac aura fort à faire quant aux mesures stratégiques internes à appliquer pour redorer le blason de sa compagnie.

Des mesures économiques drastiques pour un redressement rapide

L'opération redressement est d'actualité chez Air France-KLM. Dans le cadre de l'application de la feuille de route « Transform 2015 », de grands chantiers sont en cours sous la tutelle du nouveau PDG. Des dossiers délicats l'attendent ainsi au tournant, comme la relance du secteur du court et du moyen courrier par exemple. Des années durant, cette gamme de l'offre du transporteur est à l'origine de pertes d'exploitation colossales, soit 700 millions d'euros en 2012. Face aux compagnies aériennes concurrentes qui évoluent majoritairement sous la bannière des tarifs à bas coûts, la tâche qui attend Alexandre de Juniac s'annonce rude, car le volet social s'insère indubitablement dans ce dossier délicat.

Cibler la clientèle d'affaires pour renouer avec les bons résultats

L'un des principaux enjeux du plan « Transform 2015 » passe forcément par des mesures phares en matière d'économie. Outre le contexte des vols courts et moyens-courriers, le surcoût de la compagnie est également à imputer au sureffectif du personnel au sol. Même si les pertes globales du groupe ont reculé à 793 millions d'euros pour le premier semestre, contre 1,3 milliard l'année d'avant, Alexandre de Juniac a encore du pain sur la planche pour mener sa compagnie hors du tunnel. Pour ce faire, si la restructuration est au programme, d'autres pistes sont également annoncées. Il en est ainsi de l'offensive de charme menée vers la clientèle d'affaires. Pour Air France-KLM, ce segment représente seulement 20 % des passagers, mais il est à l'origine de 40 % du chiffre d'affaires sur les vols long-courriers. Aussi, entre perfectionnisme, quête de la qualité et stratégie économique, Alexandre de Juniac n'aura pas attendu longtemps pour étrenner ses fonctions de PDG.




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