Comprendre l’investissement socialement responsable : le nouveau visage de l’industrie financière ? (1/3)


Roxane Lauley
Jeudi 29 Janvier 2015

« Comment et pourquoi favoriser des investissements à impact social ? », telle est la question posée par le Rapport du Comité Français sur l’investissement à impact social (ISR). Ce rapport a été remis au gouvernement en septembre 2014 et relance les débats autour d’un concept encore trop peu connu. Que recouvre réellement l’ISR ? Cet investissement durable participe d’une tendance de fond vouée à assainir une industrie financière ternie par de nombreux scandales et à retrouver une économie de sens. En réconciliant profit et enjeux de société, l’ISR propose et s’impose progressivement.



Des racines historiques

Adapté d’un concept anglo-saxon (SRI pour Socially Reponsible Investing), l’ISR trouve ses racines au 18e siècle avec le mouvement religieux philanthropique, connu sous le nom de « quaker » qui luttait contre l’esclavage ou les activités corsaires. A la fin du 19e siècle, d’autres mouvements interdisaient également à leurs membres d’investir dans des sociétés d’armes ou d’alcool. Les premières applications modernes de l’ISR remontent aux années 70, grâce au Pax World Found destiné à investir dans les entreprises non liées à l’armement. En France, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) a lancé en 1983 avec le Crédit coopératif le premier fonds commun de placement de partage Faim et Développement dont une partie des revenus est attribué à la création d’entreprises dans le tiers-monde. Si cet élan moral a été impulsé par les communautés religieuses, aujourd’hui, les Principes pour l’investissement responsable(UNPRI) sont consacrés par les Nations-Unies dans la veine du Pacte Mondial.

Un concept aujourd'hui institutionnalisé

L’ISR est une application au domaine de l'investissement financier de la notion de développement durable. Elle consiste à choisir d'investir dans des entreprises qui prennent en compte dans leur modèle de développement des notions qui ne sont pas uniquement financières mais de nature sociale et environnementale. Ainsi, les sociétés de gestion de portefeuille (SGP) composent leur portefeuille en prenant en compte des critères extra financiers tels que les pratiques environnementales, sociales, sociétales et la gouvernance de l’entreprise. Dans sa philosophie, l’ISR repose sur l’idée que la prise en compte de critères sociaux et environnementaux permet de mieux identifier les entreprises performantes à moyen et long terme. L’ISR s’interprète également comme un mécanisme de financement au service de la transition écologique et entend accélérer la mutation des modes de production pour valoriser les entreprises les plus vertueuses en matière de développement durable. Des engagements ont d’ailleurs été pris en ce sens lors du dernier sommet pour le climat organisé à New York en septembre dernier : plus de 350 investisseurs dont la Caisse des dépôts et les acteurs publics de la retraite, ont signé une déclaration reconnaissant l’impact du changement climatique sur leurs portefeuilles financiers.




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