L’entreprise hiérarchique


La Rédaction
Mercredi 27 Juin 2012

Parmi les quatre modèles classiques d’organisation des entreprises, le plus ancien est certainement le modèle hiérarchique. Attribué au français Henri Fayol, ce modèle d’organisation a un rayonnement international important.



L’entreprise hiérarchique
Parmi les quatre modèles classiques d’organisation des entreprises, le plus ancien est certainement le modèle hiérarchique. Attribué au français Henri Fayol, ce modèle d’organisation a un rayonnement international important.
 
Lorsque Henri Fayol publie Administration Industrielle et Générale en 1916, il rencontre un succès équivalent à Taylor. De quelques années son successeur, Fayol s’est possiblement inspiré de Taylor pour établir les principes de direction qu’il estimait les plus performants. A l’époque toutefois, les deux auteurs sont considérés comme les pères du management : Taylor pour son organisation scientifique du travail et Fayol pour ses propos sur l’organisation de l’entreprise. C’est donc l’œuvre du second qui est détaillée ici dans le caddre de notre dossier spécial sur l’organisation des entreprises.
 
Le livre de référence de Henri Fayol est incomplet. Deux parties des quatre annoncées par l’auteur dans son introduction sont effectivement présentes dans Administration Industrielle et Générale. Ces parties portent sur les « nécessités et possibilité d’un enseignement administratif »et les « principes et éléments d’administration ». L’importance du legs de Fayol ne réside donc pas dans la démonstration innachevée contenue dans Administration Industrielle et Générale mais bien dans la précision du témoignage de l’auteur lui-même.

Les conclusions et les principes d’administration proposés par Fayol reposent en effet sur sa longue expérience de cadre des mines de houille de Commentry. Arrivé aux houillères de Commentry en 1860 en tant qu’ingénieur, Fayol en devient en effet Directeur Général de la Société Commentry-Fourchambault et Décazeville en 1988. Fayol compile ainsi ses expériences dont la réunion constituera le corps de son ouvrage de référence.

Cet effort d’analyse et de conceptualisation quotidienne est objectivé par Fayol qui dit vouloir « observer, recueillir et classer les faits, les interpréter, instituer des expériences s’il y a lieu, et tirer de tout cet ensemble d’études des règles qui, sous l’impulsion du chef, entreront dans la pratique des affaires ». Il s’inscrit donc dans la démarche de développement des sciences de gestion et de maturation des sciences sociales alors en cours au XIXe siècle et inspiré par les progrès des sciences physiques.
Fort de son expérience de cadre dirigeant, Fayol tire les enseignements du fonctionnement d’une entreprise. Cette dynamique s’articule, selon l’auteur, essentiellement autour du chef d’entreprise. Il est donc l’élément central de l’organisation et il en anime les différentes fonctions. Fayol est ainsi à l’origine du POCCC, ces 5 éléments d’administration qui incombent au dirigeant d’entreprise et qu’il résume ainsi :
-          Prévoir, soit anticiper l’avenir par un « programme d’action »
-          Organiser, soit « munir l’entreprise de tout ce qui est utile à son fonctionnement »,
-          Commander, notamment les unités subordonées
-          Coordonner les différentes actions de l’entreprise pour les faire concorder,
-          Contrôler que les précédents points sont effectivement traduits dans les faits et que leur exécution produit les effets désirés.
 
À destination des chefs qui constituent le véritable système nerveux de l’entreprise dans sa conception par Fayol, l’auteur formule également 14 principes généraux d’administration. Une fois encore ces principes révèlent traduisent le caractère central du chef et de la notion d’autorité dans l’entreprise fayolienne. Le vocabulaire d’inspiration militaire utilisé par l’auteur pour les formuler est également révélateur du contexte guerrier dans lequel Administration Industrielle et Générale à été publié en 1916.

Parmi les principes de Fayol, on trouve la division du travail. Celle-ci procède de la description des postes, et plus largement aussi de la division de la ligne hiérarchique en unité de commandement. Le modèle opérationnel de Fayol a pour objectif de prévenir toute dualité de commandement afin d’établir l’obéissance des collaborateurs à un seul et unique chef dans l’entreprise. L’activation de la ligne hiérarchique du haut vers le bas constitue donc le moteur de l’entreprise et le chef occupe bien sûr une place prépondérante dans ce modèle puisqu’il se trouve à son sommet. Au sommet de la hiérarchie par ailleurs, l’unité de direction est garante du projet de l’ensemble commun à tous les salariés
Les principes de référence proposés par Fayol n’ont pas qu’une vocation autoritaire. Ils explorent aussi, en mettant également en avant le caractère indispensable, la dimension morale de l’organisation de l’entreprise. Les principes de Fayol incorporent ainsi le couple autorité et responsabilité, la discipline, la subordination des intérêts spécifiques à l’intérêt général, l’équité, la stabilité du personnel qu’il s’agit de retenir dans l’entreprise, sa rémunération, mais aussi sa possibilité de faire des propositions et enfin l’union du personnel dont la communication doit se porter garante.
 
Précurseur des théories des organisations, Henri Fayol demeure une figure des sciences de gestion. Son modèle d’organisation peut être qualifié de hiérarchique en ce sens qu’il est véritablement structuré autour du chef et de la ligne hiérarchique. De cette autorité proviennent, selon Fayol, les messages et les ordres qui mettent l’entreprise en mouvement et l’animent. La direction est garante des projets de l’organisation et qu’elle transmet aux unités de commandement subornnées qui la font suivre à leur tour jusqu’au niveau opérationnel. Un tel modèle accorde naturellement une grande importance au leader et à ses qualités de meneur. Mais celles-ci ne sont pas comprises dans un champ relevant exclusivement de l’autorité. L’entreprise hiérarchique décrite par Fayol est aussi animée par la volonté de participer au bien-être au travail de ses salariés. L’écoute et le dialogue apparaissent ainsi comme d’incompressibles règles de fonctionnement de l’entreprise fayolienne et dont l’observation est attendue tant des ouvriers que des dirigeants.




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