La Tour Orbit, avatar incompris d’un nouveau Stratford ?


Mercredi 12 Septembre 2012

Inaugurée comme un symbole des JO de 2012, la Tour Orbit de Londres avait suscité de nombreux débats à ses débuts. Elles s’étaient en effet attiré les foudres de la critique populaire par son aspect atypique et son caractère somptuaire. Conçu par la mairie de Londres comme un des instruments de la revalorisation du quartier de Stratford, l’Orbit Tower a pourtant toutes les chances d’annoncer le futur visage de ce quartier.



La Tour Orbit, avatar incompris d’un nouveau Stratford ?
Les Jeux olympiques sont une formidable opportunité économique. À cet égard, Londres a bénéficié en 2012 d’un atout exceptionnel qu’elle a souhaité mettre à profit pour rénover le quartier de Stratford. L’administration municipale envisage en effet de faire de ce quartier vieillissant un nouveau centre d’activité de la ville de Londres. Les JO de 2012 ont donc donné le coup d’envoi à ce projet urbain.
 
L’évènement a en effet mis Stratford en ébullition : Londres 2012 a occasionné la construction d’un stade olympique, l’aménagement d’un nouveau parc baptisé Elizabeth II, l’érection de bâtiments résidentiels modernes. À l’exception du stade olympique, la plupart de ces infrastructures sont destinées à durer et à participer du renouveau de Stratford. Parmi ces bâtiments, on trouve également la Tour Orbit.
 
Conçue par l’artiste Anish Kapoor et l’architecte Cecil Balmond, l’Orbit Tower est un projet porté par le groupe ArcelorMittal avec le soutien de la ville de Londres. Ces deux acteurs ont en effet respectivement financé ce projet à hauteur de 18 et 3 millions d’euros environ. Depuis décembre 2011, date de la fin des travaux, cette tour domine Stratford et a été ouverte au public fin juillet simultanément avec l’ouverture des jeux.
 
La Tour Orbit est née de la volonté du maire de Londres, Boris Jonhson, d’ériger un symbole des jeux de 2012 capable de marquer durablement le paysage de Stratford. Elle est également censée devenir un lieu de tourisme offrant aux visiteurs une architecture unique, ainsi qu’une vue sur la capitale et un restaurant panoramique. Peu après la clôture des Jeux de 2012 toutefois, l’Orbit Tower ne suscite pas l’engouement espéré.
 
La tour a certes attiré les touristes olympiques qui ont fréquenté Stratford à l’occasion des Jeux tout au long du mois d’aout 2012. Mais la viabilité de cette attraction n’est pas confirmée pour autant. Quelques mois après son ouverture, la Tour Orbit souffrait toujours en effet la désaffection des Londoniens. Qualifiée de « trombone mutant », la création d’Anish Kapoor n’a pas su imposer naturellement sa portée artistique. Situé à quelque 6 km du centre de Londres et de ses monuments emblématiques, l’Orbit Tower – dont le prix du ticket d’entrée s’élève à 15 livres – n’offre pour l’heure qu’une vue sur un quartier en chantier. Il en faudra plus pour rivaliser avec les panoramas offerts par les tours du centre-ville dont certaines sont d’ailleurs d’accès gratuit.
 
Dans le quartier de Stratford en plein renouvellement, la Tour Orbit a renvoyé l’image de l’extravagance inconsidérée. Projet onéreux et de prime abord peu attractif sur le plan touristique, ce monument suscite des avis mitigés. L’Orbit Tower se contorsionne-t-elle en vain pour autant ? Si le risque de l’échec urbanistique et touristique est présent dans l’esprit des Londoniens, il ne faut toutefois pas oublier que cette tour s’inscrit dans un projet de rénovation d’un quartier entier de la ville. Elle semble d’ailleurs être annonciatrice de la transformation radicale de Stratford envisagée par l’administration de la ville de Londres. Loin des friches et des usines en ruines qui parsèment cet ancien quartier industriel du nord-est de la City, l’esthétique de l’Orbit Tower se veut novatrice en rupture avec l’aspect actuel du quartier. Il y a donc fort à parier que ce monument s’intègrera dans les années à venir à un tout urbanistique qui gagnera en cohérence au fil de la réhabilitation en profondeur de Stratford.




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