Les femmes gouvernent-elles différemment ?


G.S.
Mercredi 27 Juin 2012

Les femmes ont-elles réellement une manière différente de gouverner ? Qu'en est-il du style de gouvernance ? Les femmes ont-elles un style différent ? Plus consensuel ? Plus participatif ? Début de réponse, à travers quelques éléments de portraits d'exception.



Crédit: freedigitalphotos
Crédit: freedigitalphotos
Un constat : de plus en plus de femmes au pouvoir
 
Jamais les femmes n'auront été aussi nombreuses à des postes clés de pouvoir, que ce soit dans la sphère politique ou économique. Aux femmes politiques à renommée internationale comme Angela Merkel (Allemagne), Julia Gillard (Australie) ou Hillary Clinton (Etats-Unis), on peut ajouter les femmes qui dirigent de très grandes entreprises comme Pepsi et Xerox aux Etats-Unis ou, en France, Anne Lauvergeon qui présidait encore récemment Areva. Pourtant, à l'heure actuelle, les femmes ne représentent que 10 % des membres des conseils d'administration des plus grandes sociétés cotées en bourse dans l'Union européenne et seulement 3 % des présidents de ces conseils alors qu'elles représentent 60 % des diplômés de l'université
 
Un style différent de prise de décision
 
"Je crois que les femmes ont un style de prise de décision et de direction d'équipe plus participatif, plus inclusif, plus respectueux, plus lent parfois". Tel a été, en substance, le message lancé par Christine Lagarde, alors ministre de l'Economie et des Finances, lors du Women's Forum de Deauville en octobre 2010. En remarquant que les femmes ont un "rapport au risque différent", l'actuelle Directrice générale du FMI pense, par exemple qu'il y a moins de libido féminine dans le rapport de compétitivité permanent qui se joue dans les salles de marché. Une piste à creuser alors que le monde traverse une importante crise boursière !
 
Un champ de vision élargi?
 
Lors du premier Forum sur la valeur ajoutée des femmes dans l’économie organisé en Suisse, une des cadres supérieures intervenantes, dans le domaine du BTP, remarquait : «elles sont loyales et fidèles à l’entreprise. Elles ne partent pas dès qu’un chasseur de têtes les contacte ou qu’elles sont mécontentes! Elles communiquent aussi très bien avec les clients et savent dialoguer avec les différents partenaires autour d’un chantier». En d'autres termes, elles adopteraient une vision à 360° de l'entreprise.
 
Des atouts précieux pour la performance de l'entreprise
 
Le cabinet McKinsey a publié une étude démontrant que les femmes sont des atouts majeurs pour la performance des entreprises. On y apprend que les entreprises ayant une forte représentation de femmes dans leur conseil d’administration seraient plus performantes et que celles ayant plus de femmes dans leur conseil de direction ont une meilleure organisation. L’édition précédente du rapport McKinsey avait étudié le rôle des femmes dans les turbulences que traversent les entreprises, montrant que leur capacité « de reconnaissance » ainsi que leur tendance à stimuler « l’inspiration » de leurs collaborateurs jouent souvent un rôle essentiel dans la performance économique.
 
Une attitude qui rompt avec des pratiques de trash management évoquées par l'hebdomadaire Marianne, qui constatait la faillite du management lorsqu'il essaie de résoudre les problèmes par le rapport de force, attitude souvent très masculine et éloignée de la recherche de consensus. Mais pratiquer l'art de la négociation et rester ouvert aux autres n'exclut pas de savoir rester "droit dans ses bottes". " Rien ne perturbe si on parle ", expliquait Anne Lauvergeon dans ses précédentes fonctions. " Je crois dans les vertus de la discussion directe, autour de la table familiale comme autour de la table du conseil ", expliquait Carly Fiorina, ex-PDG de Hewlett-Packard, à propos de ses rapports houleux avec son conseil d'administration.
 
En France, la loi Zimmermann-Copé prévoit d’ores et déjà la féminisation des conseils d'administration en imposant des quotas à 2 500 grandes entreprises. Dès 2012, ces entreprises devront compter au moins 20 % de femmes dans leur comité d’administration. En 2016, ce quota s'élèvera à 40 %. Les entreprises françaises auront alors, peut-être, l'occasion de tirer profit à plus grande échelle du style de gouvernance des femmes.




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