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La « fintech » en France


Julie Rousseau
Jeudi 11 Octobre 2018

La fintech, fine fleur de la finance connectée, semble trouver un environnement favorable pour investir en France. Cependant, peu de fintech françaises dans le peloton de tête.



Fin de la chasse gardée des banques traditionnelles
 
« 2015 est l’année où la fintech est devenue grand public », estime le cabinet KPMG (1). C’est l’année où explosent les montants investis par les fonds de capital-risque dans les jeunes pousses du secteur, suivies par les grands acteurs de la finance. Sous ce vocable se retrouvent différentes catégories : les fintech BtoC (business-to-consumer) qui s’adressent au grand public, par exemple les néobanques 100 % digitales ; les fintech BtoB (business-to-business) qui proposent des services financiers aux entreprises ; les fintech BtoBtoC (business-to-business-to-consumer), à l’image des plateformes de financement participatif ; les Insurtech, dans l’assurance ; les Regtech, des entreprises qui proposent des solutions technologiques pour répondre aux contraintes réglementaires.
Les startup de la finance proposent en effet des produits et des services nouveaux et certaines d’entre elles pénètrent dans la cour des grands. Pour preuve, les levées de fonds réalisées en France en 2018 : 61 millions d’euros pour le spécialiste des cryptomonnaies Ledger, 32 millions d’euros pour Lendix (financement participatif) ou encore 23 millions d’euros pour Alan (assurance santé).

La France est dans la course

Au total, les fintech ont levé pour 200 millions d’euros au premier semestre 2018, d’après l’association France Fintech. « Nous avons en France un environnement économique et réglementaire favorable à l’essor des services fintech. Il faut maintenant passer la vitesse supérieure côté financement pour leur donner les moyens de se déployer à grande échelle, y compris au niveau européen », estime Franck Guiader, directeur innovation et fintech du cabinet Gide Loyrette Nouel (2).
Dans l’édition 2016 du classement des 100 premières entreprises mondiales de ce secteur établi par KPMG, figuraient déjà trois fintech françaises : Lendix, Leetchi et Fluo.
Aujourd’hui, fait nouveau, « de plus en plus de fintechs décident de sauter le pas et de s’établir à Paris », explique Delphine Gény-Stephann, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, à l’occasion du lancement en septembre 2018 2e appel à projets de l’incubateur de Fintechs, "Swave" (3).

Bpifrance, pionnier de l’Open Banking 

Même la banque publique Bpifrance, malgré des moyens quelque peu limités, se veut "Fintech de place" en choisissant de proposer tous ses services directement en ligne, ainsi que ceux de quelques startups de la finance, comme Younited Credit. La BPI se met à l’heure de la directive DSP2 en travaillant avec l’agrégateur Bankin pour récupérer les données des clients..  Ce concept de "banque ouverte", introduit par la deuxième Directive européenne des services de paiements (DSP2) qui est en vigueur depuis janvier 2018, oblige les banques à ouvrir leurs systèmes d’information à d’autres acteurs. « Avec l’Open Banking, nous allons pouvoir élargir notre champ d’action, notamment être plus actif sur le segment des TPE, qui se plaignent encore d’un difficile accès au financement. Nous voulons augmenter significativement le volume de prêts aux TPE » a expliqué Arnaud Caudoux, directeur général adjoint de Bpifrance (4).

Pour quand des "décacornes" françaises ?

Stripe, la société américaine spécialisée dans les paiements en ligne, s’est installée en France en 2016,  où elle a séduit de nombreux acteurs de la french tech comme Dailymotion, Drivy ou KissKissBankBank. Cette fintech florissante vient de procéder à une nouvelle levée de fond de 245 millions de dollars, annoncée en septembre 2018 (5). Cette levée de fonds doit permettre à la fintech de poursuivre son expansion à l’international, notamment en Asie du Sud Est et en Inde, où le commerce en ligne devrait exploser dans les prochains mois. La start-up est maintenant valorisée plus de 20 milliards de dollars, soit  deux fois plus qu’en 2016 (9,2 milliards). Elle s’installe ainsi  dans le peloton de tête des « décacornes » — ces sociétés non cotées valorisées plus de 10 milliards — aux côtés de Space X (21,5 milliards), Palantir (20 milliards) ou WeWork (20 milliards).
En Europe, les plus gros investisseurs sont chinois (Ant Financial, filiale d’Alibaba) ou américains (Stripe). Cependant, plusieurs fintech européennes se distinguent parmi celles qui sont valorisées à plus d’un milliard de dollars (la néerlandaise Adyen, la suédoise Klarna, la britannique TransferWise). Mais pas encore de françaises.


(1) https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/c-est-quoi-une-fintech-680118.html
(2) https://www.lemonde.fr/argent/article/2018/10/01/les-fintech-revolutionnent-deja-votre-quotidien_5362512_1657007.html
(3) https://www.lopinion.fr/edition/economie/france-dans-course-attirer-faire-emerger-meilleur-fintech-delphine-162398
(4) https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/quand-bpifrance-se-met-a-l-open-banking-791103.html
(5) https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0302316706845-stripe-la-fintech-qui-valait-20-milliards-de-dollars-2208933.php




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