Les relations entre les ONG et le secteur privé se transforment


La Rédaction
Mercredi 25 Avril 2012

Même si certaines ONG possèdent d’excellents programmes, elles ont parfois du mal à les mettre en œuvre lorsque leur stratégie de financement n’est pas bien ficelée. Ces financements, elles les trouvent parfois auprès des entreprises. Si la pratique du mécénat fait depuis longtemps partie du paysage des entreprises, elle a néanmoins beaucoup évolué depuis quelques années.



Les relations entre les ONG et le secteur privé se transforment
Les entreprises à la recherche des ONG

Régulièrement, les entreprises sollicitent les ONG pour leur apporter des solutions à des besoins clairement identifiés. C’est par exemple le cas lorsqu’il s’agit de mettre en place une politique RSE pour mettre en valeur un produit. Les entreprises se proposent également en tant que médiateur dans des conflits profitables à leur éthique, ou de superviser la création d’une filière d’approvisionnement responsable ou encore de mettre en œuvre un social business. Si cette demande du secteur privé se faisait au compte-goutte il y a quelques années, elle s’est renforcée aujourd’hui. Preuve en est, que la relation ONG-Entreprise est souvent gérée par un service dédié, sans compter l’apparition aussi bien chez les entreprises que les ONG, des fonctions spécialisées dans la gestion des partenariats. Néanmoins, les ONG ont du mal à investir dans une restructuration de leur organisation, afin de pouvoir répondre aux exigences croissantes des entreprises.

Les ONG, des prestataires de service pour les entreprises

Parallèlement à cette demande croissante du secteur privé, les ONG sont mises en concurrence. En effet seules celles qui seront aptes à remplir les critères des cahiers des charges rédigés par les entreprises, décrocheront une collaboration. Cette rivalité démontre que les entreprises considèrent plus les ONG comme des prestataires de services, ces dernières devant répondre à des appels d’offres pour espérer obtenir un soutien matériel. Là où le bât blesse, c’est que les ONG ne disposent pas toujours du temps nécessaire, ni de ressources humaines, pour satisfaire les conditions imposées par les entreprises. D’autant qu’elles ne sont jamais certaines d’obtenir le « marché », même lorsqu’elles ont les moyens d’investir. Paradoxalement, bien qu’elles soient exigeantes, les entreprises privilégient souvent les organisations à taille humaine,  alors que celles-ci sont justement les moins aptes à les satisfaire, et les moins dotées en ressource pour professionnaliser le relationnel avec les entreprises.

Pour WWF le développement des collaborations avec les entreprises contribue à améliorer la lutte pour la protection de l’environnement. Le secteur privé mobilise en effet des ressources financières conséquentes à l’occasion des partenariats, sans compter ses propres actions écologiques. Avant de sceller un partenariat avec une entreprise, WWF réalise un audit interne dans le but de déterminer si les objectifs peuvent être atteints régulièrement et quantifiables. À noter enfin que le financement de WWF provient à 60 % de particuliers, 20 % des institutions publiques et 10% des entreprises. Ce qui finalement n’est pas mal, car ce type de financement ne permet pas toujours à l’ONG de conserver son indépendance. Mais d’une manière générale, la problématique écologique est devenue une préoccupation partagée pour laquelle les entreprises tendent à participer davantage.




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