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Dépendance, isolement, handicap, quelles solutions pour l’accès aux soins des plus fragiles ?


La Rédaction
Lundi 28 Décembre 2020



La question de l’accès aux soins se pose avec une acuité particulière pour les personnes qui éprouvent des difficultés à se déplacer. Le développement des services médicaux et médico-sociaux à domicile devient une nécessité, comme celui de la télémédecine.



L’accès aux soins pour tous est l’un des principaux enjeux de santé publique. L’accessibilité physique ou territoriale, avec la persistance de « déserts médicaux » dans certaines régions de France, constitue un premier frein. Avoir un médecin traitant, obtenir rapidement un rendez-vous, accéder à des soins spécialisés dans un délai approprié... Autant d’attentes qui ne sont pas satisfaites avec un même niveau de qualité sur l’ensemble du territoire. La facilité d’accès aux soins est ainsi nettement plus faible dans certaines zones rurales à faible densité de population, voire dans certaines banlieues. Les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologue ou un dermatologue, par exemple, sont souvent à l’origine de renonciations aux soins. L’enclavement de certaines zones et l’absence de moyens de transports augmentent également la difficulté de certaines personnes à se rendre dans des établissements de santé.
 
Le deuxième obstacle est d’ordre financier, il dépend de la capacité des personnes à payer les soins dont ils ont besoin, et en particulier le fameux « reste à charge ». Différentes études montrent ainsi que plus du quart des assurés sociaux ont renoncé à certains soins pour des raisons financières. Les prothèses et les soins dentaires, les consultations de spécialistes, notamment en ophtalmologie, et l’optique sont les domaines les plus couramment « sacrifiés ». Enfin, il peut également exister des barrières socio-culturelles ou liées à la méconnaissance de l’offre et du parcours de soins.
 
Pour les personnes âgées, en perte d’autonomie ou en situation de handicap, s’ajoute à tous ces freins éventuels de grandes difficultés à se déplacer, pour se rendre dans le cabinet de professionnels ou dans les établissements de santé... Alors qu’elles ont un recours plus fréquent au système de soins. Une part importante de leurs soins doit donc passer par des visites à domicile ou dans les Ehpad. C’est ainsi d’ailleurs que travaillent les infirmiers libéraux, dont la pratique est presque exclusivement tournée vers les visites. L’enjeu est de pouvoir garantir la permanence, l’accessibilité et la continuité des soins à domicile et en institution.
 
Parmi les services de santé ainsi attendus en proximité, figurent notamment l’accès à des soins et à des actes spécialisés, notamment en ophtalmologie, en oto-rhino-laryngologie (ORL) et en dentaire, avec la présence physique du médecin ou du dentiste lorsque c’est nécessaire. Les personnes âgées qui ne sont pas capables d’utiliser correctement les aides auditives ou les prothèses dentaires ont également besoin d’être aidées par des professionnels.
 
Optic 2000 lance un service d’optique à domicile
 
Pour ces personnes âgées, en perte d’autonomie ou à mobilité réduite, le service de santé à domicile devient donc une nécessité. C’est bien pour s’adapter à cette nouvelle donne qu’Optic 2000, par exemple, dépêche depuis quelques années ses opticiens dans les Ehpad, et a lancé en septembre 2019 un nouveau service d’optique à domicile. Avec une prestation en tous points identique à celle qui est délivrée en magasin et ce, sans aucun surcoût pour le client. Un service assuré par des opticiens diplômés, spécialement formés pour cette prestation, et respectant une charte éthique spécifique apportant toutes les garanties de professionnalisme et de déontologie.
 
« Face aux enjeux du vieillissement, du maintien à domicile et de l’accès aux soins, l’optique doit sortir hors des murs des magasins. En particulier pour aller à la rencontre des personnes dont les déplacements sont particulièrement difficiles », explique Olivier Padieu, président d’Optic 2000. « Cette démarche répond à un véritable enjeu de société. Nous sommes convaincus que l’opticien, premier contact paramédical de proximité, a son rôle à jouer... En offrant au client une souplesse supplémentaire qui représente pour certains la possibilité de réintégrer le parcours de soin visuel ».
 
Il existe en effet aujourd’hui en France une vraie problématique de l’accès aux soins visuels, notamment à cause d’une pénurie d’ophtalmologues. Fort de ses 1 200 points de vente, Optic 2000 entend capitaliser sur son étroit maillage territorial. Les opticiens de l’enseigne se déplacent dans un rayon de 15 km – ou 5 km pour les villes de plus de 200 000 habitants. « Si le commerce physique continue d’exister, le lieu de consommation est devenu multiple », estime ainsi l’enseigne Optic 2000. « Le numérique nous permet de déplacer la vente à l’extérieur du magasin. En tant que leader, nous devons évoluer et lancer de nouveaux services. Même si le magasin physique reste le centre, l’opticien doit sortir du seul cadre du point de vente ».
 
Ce nouveau service à domicile permet de répondre en particulier à de véritables enjeux d’accès aux soins pour les personnes très âgées ou hospitalisées à leur domicile qui n’ont pas la capacité de se déplacer. Il apporte également une solution pour les personnes sans moyen de locomotion, notamment dans les zones rurales.
 
Développer l’aide médico-sociale et la télémédecine
 
Outre les besoins médicaux et les soins spécialisés comme l’optique, le dentaire ou l’auditif, les besoins en matière sociale et médico-sociale font également partie de la panoplie de réponses à apporter aux personnes les plus fragiles. Aide à la réalisation des actes de la vie quotidienne, surveillance gériatrique, activités concourant au maintien et à la réhabilitation des capacités fonctionnelles et cognitives, aide aux actes de gestion administrative, à l’utilisation des appareils et des technologies de communication, adaptation du logement, activités sociales et de loisir, temps de compagnie... Il s’agit là également d’une dimension fondamentale compte tenu du rôle majeur de la lutte contre l’isolement dans le maintien de l’autonomie. Elle inclut également des éléments liés aux soins et aux aides techniques, par exemple les aides auditives.
 
Les personnes âgées, en perte d’autonomie et souffrant souvent de maladies chroniques, ont besoin d’une équipe de proximité de plusieurs professionnels de santé qui les suive et les oriente, y compris dans leur lieu de vie si leur mobilité est réduite. Il existe un vrai besoin de coordination entre ces différents intervenants pour assurer une prise en charge efficace du patient. Le numérique est un élément important de la réponse. Car il permet d’abolir les distances et d’intégrer dans un même réseau l’ensemble des acteurs médicaux et médico-sociaux de proximité. De plus, les équipements nécessaires à la mise en œuvre de services de télémédecine et de télésanté (télésuivi de constantes biologiques, télésurveillance, téléconsultation) doivent être mis en place dans le lieu de vie des personnes, ce qui suppose d’équiper leur domicile d’un moyen de communication haut débit et d’une interface de communication. Le Danemark, par exemple, mobilise de tels outils pour surveiller à distance l’état de santé et les déplacements des personnes âgées, grâce notamment à des détecteurs de mouvements, de chute ou de malaise. Ce qui permet d’accompagner ces personnes fragiles à leur domicile et leur éviter des déplacements à l’hôpital.




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