SenseMaking
 



La vigueur des ruptures


Philippe Cahen
Mercredi 10 Juillet 2019



Philippe Cahen est conférencier-conseil en Prospective



Nous en convenons tous : on vit une drôle d’époque. J’ai remarqué que les temps historiques sociaux, économiques, politiques… se déroulaient depuis 1789 sur un rythme de cinquante années environ. Nous vivons la fin de la génération de la guerre et de l’après-guerre. Les baby-boomers se font rares dans la vie active, s’entend. Ils passent la main politique, économique, sociale, voire technologique. Les références des années 50 et 60 disparaissent. La télévision se meurt.  Le TGV orange fait dépassé. La famille traditionnelle devient une espèce rare. Et si la fivete était un exploit, les bébés se conçoivent aujourd’hui en laboratoire, ou presque. Donc les références changent.

En bref, tout ce qui nous a bercés dans l’après-guerre se meurt. Même les cinéastes italiens, ce mois-ci comme Franco Zefirelli, Bertolucci 8 mois plus tôt. La voiture que nous connaissons va disparaître : aujourd’hui elle se gare seule, dans deux ans sera autonome. Les hypermarchés immenses disparaissent : on achète sur son mobile ou près de chez soi. Conforama (une marque teintée années 60) a un pied dans la tombe. La ville des années 70/80 avec autoroutes, périphériques et parkings va donc disparaître. GE (General Electric) change de métier. Comme Siemens qui vend ses turbines.

La France n’est plus le grenier agricole de l’Europe, elle monte en gamme et change ses productions. Dans le pays du steak/frites, le véganisme prend une place considérable. Et même Danone s’interroge s’il va encore vendre des produits à base de lait de vache. La France, pays du Front Populaire, est devenue le pays du luxe (Kering, L’Oréal, Hermès, LVMH = KOHL).
Macron sort de « nulle part », en tous cas le bipartisme PS-UMP est mort. Mais pas qu’en France : Italie, UK, Espagne, Allemagne, voire États-Unis. Les populistes ou populaires (à vous de choisir) sont majoritaires dans le monde (Brésil, Russie, Turquie, Pologne, etc.) En France ce sont les gilets jaunes. La seconde mondialisation se termine (la première s’est terminée en 1914). La Chine qui ne pesait « rien » en 1989 (on parlait de l’URSS) est la seconde puissance mondiale et veut devenir la première. L’Inde entre dans le top 5. Trump force à une relocalisation mondiale.

Et je ne parle pas de nouvelles technologies : NBIC (nanotechnologie, biotechnologie, informatique, sciences cognitives) et donc IA (intelligence artificielle) dont on nous parle que trop notamment pour nous effrayer avec la fin du travail.

Et je ne parle pas de l’environnement dont à peu près tout le monde est d’accord pour dire que cela va mal. Et ajoutons les colapsologues pour qui tout est foutu !

Vigueur des ruptures ? Oui, très forte vigueur ! Trop forte vigueur ? Restons optimistes : les signaux faibles nous y aident.

Je repars en plongée…

Philippe Cahen
 





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