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Fabrice Lépine, CEO de Wonderbox : « Avec le sur-mesure, nous voulons libérer les possibles »


La Rédaction
Jeudi 15 Septembre 2016





Justement, on reprochait parfois au coffret-cadeau son caractère impersonnel. Est-ce pour y remédier que vous avez lancé le coffret-cadeau sur-mesure ?

Tout à fait. Au début le coffret-cadeau était un produit novateur, qui permettait de faire un cadeau original. Les consommateurs se voyaient offrir des prestations auxquelles ils avaient difficilement accès, et qui leur étaient même inaccessibles dans certains cas. Cette dimension a été structurante aux débuts du marché. Avec la démocratisation du coffret-cadeau, « l’effet surprise » lié au coffret-cadeau s’est estompée, alors même que le produit n’avait pas intrinsèquement changé.

Force est de constater qu’il était devenu courant, voire facile, d’offrir un week-end en chambre d’hôtes ou un massage par exemple. Chez Wonderbox, nous avons souhaité réinventer la manière d’offrir le coffret-cadeau.  Avec notre offre sur-mesure, nous voulons surprendre le consommateur. Il s’agit également de redonner la main à la personne qui souhaite faire un cadeau. Avec le sur-mesure, nous permettons au consommateur de faire un cadeau adapté et personnalisé, que ce soit sur le contenu (type d’activité, région de prédilection, etc.), mais aussi sur le contenant. Notre offre sur-mesure permet une totale personnalisation du packaging avec l’ajout de photos ou de textes. Il s’agit de faire de la box un cadeau unique. 

Le coffret-cadeau fait une percée remarquée sur le marché de la dotation, notamment dans les grandes entreprises. Le B-to-B vous a-t-il contraint à repenser votre philosophie du métier, ou vos méthodes de travail ?

Aujourd’hui, le marché B-to-B est en plein essor. Il représente un tiers des coffrets cadeaux et des cartes prépayées. Les offres sont variées : chez Wonderbox nous proposons aussi bien des opérations croisées avec des marques, que des activités de groupe ou des coffrets sur-mesure autour d’une thématique, comme le chocolat qui peut recouvrir une dimension gastronomique (dégustation, cours de cuisine…) et une dimension bien-être (massages et soins à base de chocolat…).

Nous avons développé un savoir-faire B-to-B, qui reprend nos valeurs d’excellence et d’amélioration en continu, car nous avons à cœur de mettre notre expertise de leader du coffret-cadeau au service des entreprises pour lesquelles le coffret-cadeau répond à de véritables enjeux de croissance. En tout cas, pour nous, le marché du B-to-B est un formidable laboratoire d’innovation. Il n’est d’ailleurs pas rare que certaines créations B-to-B se déclinent en de nouvelles offres B-to-C. 

L’innovation commerciale semble être un gage de survie pour les acteurs du marché. Quelles sont les prochaines pistes de « mises en boite » ? Envisagez-vous de chasser au-delà des terres loisir/plaisir ?

Nous avons récemment développé une box dédiée aux familles. Cette nouvelle offre est née du constat suivant : s’il existe aujourd’hui de nombreuses offres dédiées aux couples, les familles quant à elles, n’avaient pas encore de formules comprenant un hébergement adapté, ou des activités à partager. C’est désormais chose faite. En outre, nous allons lancer un coffret en partenariat avec l’émission « Les villages préférés des Français ».  Nous proposons des hébergements et des activités à proximité des 300 villages sélectionnés. Nous avons également de nouvelles pistes d’activités en zone urbaine et notamment sur le terrain culturel qui est encore un secteur assez peu couvert. Ces innovations sur le créneau Loisir/Plaisir sont indispensables afin de dynamiser notre offre et proposer aux consommateurs des formules en dehors de la seule période de Noël. 

Les statistiques 2015 confirment que les Français partent moins longtemps en vacances, mais semblent vouloir partir mieux et plus souvent. Le marché des séjours courts s’est-il suffisamment restructuré en ce sens, selon vous ?

Il existe aujourd’hui une multitude d’acteurs sur le marché des séjours courts. Ils sont tous très différents et proposent une offre variée, que ce soit au niveau du logement, de restauration ou d’activités. Et ces services se multiplient car ils correspondent aux attentes des consommateurs : les Français  cherchent à avoir des activités de qualité à proximité de leur lieu de villégiature.

Néanmoins, le marché n’est pas du tout structuré, notamment parce que la destination France a été délaissée par les agences de voyages au profit des destinations plus lointaines avec vols inclus. C’est d’ailleurs parce que le marché était peu structuré que les offres court-séjour sous la forme de coffret, comme nous les proposons, ont connu un véritable engouement. Je pense que nous n’aurions pas pénétré ce marché aussi rapidement, si nous avions été en présence d’un marché où évoluaient déjà des acteurs conséquents. Il y a donc une réelle opportunité de se positionner comme un acteur structurant sur ce marché et d’agréger l’ensemble de ces offres aujourd’hui encore éclatées. C’est d’ailleurs notre ambition: nous avons remarqué que de nombreux partenaires avaient une véritable passion à transmettre. A nous de mettre en valeur les savoir-faire, les patrimoines de nos régions, et d’élaborer une offre cohérente au profit du consommateur. C’est un véritable enjeu sur le marché du court-séjour où beaucoup d’acteurs cherchent à faire leur place. 

Au même titre qu’on évoque une « ubérisation de la société », pensez-vous qu’une dynamique de « boîtisation » est en marche ?

La box est un produit qui peut s’adapter à n’importe quelle activité et donc peut se décliner à l’infini. De plus, les « box » correspondent à un mode de commercialisation et de distribution en phase avec la tendance du multicanal. En ce sens, je pense que l’on parler d’une dynamique de « boîtisation » en effet. Mais encore une fois, les coffret-cadeaux ne sont pas un produit miracle : ce sont des produits exigeants. Cette tendance à la « boîtisation » ne sera donc pérenne que si les acteurs investissent en faveur de l’innovation et de la qualité de service. 

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